La mort d'un supporteur, tué par un policier, entraîne des émeutes en Italie
LE MONDE | 12.11.07 | 15h38 Mis à jour le 12.11.07 | 15h38
ROME CORRESPONDANT
e football italien est de nouveau confronté à la violence après la mort d'un supporteur de l'équipe romaine de la Lazio, tué par un policier, dimanche 11 novembre, sur une aire d'autoroute près d'Arezzo (Toscane), au cours d'une rixe avec des tifosi de la Juventus Turin.
Qualifiée d'"erreur tragique" par le ministre de l'intérieur, Giuliano Amato, l'intervention du policier de la route pour séparer les deux groupes d'ultras a déclenché une flambée de violence contre les forces de l'ordre aux abords de plusieurs stades. Les incidents les plus violents ont eu lieu en soirée dans le quartier du Stade olympique de Rome, où la rencontre entre l'AS Rome et Cagliari avait pourtant été auparavant annulée.
Pendant plus de trois heures, des centaines de jeunes ont harcelé les forces de l'ordre, faisant une cinquantaine de blessés parmi elles. Unis par la même colère, des ultras de la Lazio et de la Roma ont dévasté les locaux du Comité olympique national italien (CONI), incendié des véhicules et cassé des vitrines. Les événements ont ensuite dégénéré en guérilla urbaine, des groupes de jeunes se lançant à l'assaut d'une caserne de carabiniers et d'un commissariat de police.
Redoutant des troubles après la mort de Gabriele Sandri, un commerçant romain de 28 ans, DJ pendant ses loisirs, les autorités avaient décidé d'annuler le match Inter Milan-Lazio Rome et de repousser de dix minutes en signe de recueillement le début des autres parties de la douzième journée de championnat. Mais les insultes et les manifestations hostiles à la police se sont multipliées, y compris dans les divisions inférieures, et même en marge de certains matches de basket-ball.
A Bergame, la rencontre Atalanta-Milan AC a dû être interrompue au bout de sept minutes, à cause de la violence d'un groupe d'ultras, qui menaçait d'envahir le terrain.
Après les graves incidents qui avaient causé la mort d'un policier, le 2 février en Sicile, à l'issue du derby entre Catane et Palerme, le gouvernement et la Fédération italienne de football (FIGC) ont pris de nombreuses mesures pour améliorer la sécurité dans les stades et mieux contrôler l'accès du public. Pourtant, des scènes de violence continuent d'émailler chaque journée de championnat, en dépit des sanctions prises contre les clubs. Samedi 10 novembre, les supporteurs de Naples n'ont pas été autorisés à accompagner leur équipe à Palerme, à cause d'un précédent violent.
Le maillon faible du dispositif reste la gestion des déplacements de tifosi. La mort du supporteur de la Lazio et les émeutes qui s'ensuivirent pourraient inciter la Fédération et le ministère de l'intérieur à envisager une interdiction générale et prolongée de tous les déplacements de supporteurs.
VIDÉO SUR LES VIOLENCES NOCTURNES DANS LE CENTRE DE ROME